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Lauréats 2017 Prix Innovation dans l’agriculture, Fondation Pierre Sarazin

21 décembre 2017

Mickaël Ehmann, agriculteur dans le Gers, a spécialisé son exploitation, dans la production de maïs à éclater. La SCEA du Domaine de Villeneuve s’est positionnée comme ferme pilote de la démarche de développement durable visant à préserver les sols du Sud-Ouest. Dans le but de mettre fin au problème d’érosion et dans le but de donner une place centrale à la fertilité des sols, la ferme a mis au point un itinéraire technique cultural complet du maïs, appelé "Green Tillage", garantissant l’implantation du maïs au printemps, en alliant couverture végétale du sol, semis direct sous couvert, et agriculture de précision. Cette technique allie le travail en bande et l’utilisation de couverts végétaux, tels que le mélange féverole-phacélie. Un travail sur le rang et l’inter-rang est réalisé avec deux espèces différentes.
Les premiers acquis tels que le développement des plantes, les rendements, la pression sur les ravageurs, la structure du sol, ont donné lieu à la proposition de nouvelles pistes d’amélioration (semis tardifs du couvert pour limiter les risques de maladies, espèces et variétés utilisées,…) issues de la coopération des agriculteurs, des agronomes et des industriels. Reproductible d’années en années, cet itinéraire est également applicable à la culture du tournesol.

Rémi Pelletier est récompensé pour une approche intégrée de l’utilisation des moyens de détection de l’agriculture de précision et la mise à disposition de cette approche à d’autres agriculteurs avec accès libre aux données. Associé exploitant en Seine-et-Marne, il est parti de l’observation qu’une analyse avec précision du sol ou modulation intra-parcellaire ne peut se faire sans une bonne connaissance de son hétérogénéité. Fruit des essais menés avec 8 autres agriculteurs, et Alexandre Weil, l’innovation remet le sol et l’agronomie au cœur d’une démarche de progrès. La collecte de données a ouvert la porte à une offre de cartographie des sols via l’utilisation d’un scanner ayant la capacité de mesurer deux paramètres ( un seul paramètre est mesuré actuellement) que sont la matière organique et le type de sol.
C’est par le travail en réseau des agriculteurs, sur différentes variétés culturales (blé, mais, betteraves, orge, tournesol…) que seront générées des données, partagées et analysées afin que la modulation soit adaptée à la parcelle et aux choix techniques. Des cartes de potentiels des sols, seront définies dans le cadre de chaque parcelle étudiée.

Le groupement des agriculteurs de la Gascogne toulousaine (GAGT) est récompensé pour une gestion rationnelle de la couverture du sol en aménageant des cycles de culture. Francis Larroque, agriculteur et vice-président du GAGT qui travaille sur ces pratiques depuis plusieurs années, est à l’initiative de cette innovation. Il est accompagné par d’autres agriculteurs du groupement ainsi qu’un constructeur de machine agricole, Alain Aurensan. Les terres concernées sont argilo-calcaires avec parfois de fortes pentes, particulièrement sensibles à l’érosion. Le GAGT souhaite montrer qu’il est possible de cultiver sans toucher le sol, tout en semis direct et travailler le sol par les plantes. Le sol est alors occupé en permanence, on sème une culture à l’automne et une culture au printemps.
Ces nouvelles techniques agronomiques sont des réponses à plusieurs problématiques. Elles permettent de récolter deux cultures par an sur une même parcelle, avec une perte de rendement la plus faible possible. Cette méthode est simple et limite l’érosion des sols pentus. En utilisant toute l’azote du sol, elle évite le lessivage et contribue à l’amélioration de la qualité de l’eau. Le choix des variétés est quant à lui primordial dans le succès de ces pratiques.











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