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Exposition Regards d’ensemble, Fondation Camp des Milles - Mémoire et éducation

16 novembre 2017

La Fondation Camp des Milles - Mémoire et éducation accueille, pour la première fois, une exposition d’art contemporain. En 2002, la lecture du "Pianiste" de Wladyslaw Szpilman bouleverse Marc Ash et le plonge dans une réflexion sur la Shoah qui va le conduire à investir ce thème dans sa pratique artistique.

L’envie de se lancer dans cet immense chantier, à savoir raconter à travers l’art contemporain, l’histoire du génocide des juifs, tout en condamnant avec conviction le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, fut renforcée par une visite du Site-mémorial du Camp des Milles : "un choc esthétique" pour lui. Lors de cette visite, Marc Ash fut « happé, puis subjugué par la couleur du bâtiment, l’architecture, les lignes (…). Une fois dans l’enceinte de cette brique géante, ce fut un autre choc, un électrochoc émotif, un voyage dans les couloirs du temps pour tenter d’imaginer ce qu’avaient vécu ces hommes, ces femmes et ces enfants dans les entrailles non plus de ce beau bâtiment, mais de ce camp poussiéreux et pouilleux."

Après six mois de réflexion, Marc Ash se lance et trace les lignes des futures œuvres présentées ici. Un travail pour susciter une prise de conscience, pour sensibiliser sur ce qu’il considère comme une cause universelle : lutter contre les processus qui peuvent conduire au pire, au génocide. C’est sa façon à lui de résister. Soucieux d’associer éthique et esthétique, il se fixe comme objectif de surprendre les visiteurs sans pour autant les forcer à détourner leur regard. Alchimiste de la matière, il évoque, dans chaque toile et dans chaque poème associé, une étape particulière sur le chemin du crime de masse. Les actes de résistances ne sont pas oubliés, ces actions qui ont sauvé des vies pendant la Seconde Guerre mondiale, à travers notamment son oeuvre "Des roses pour les Justes", dont il a annoncé faire le don au Site-mémorial du Camp des Milles.

Au cœur d’une scénographie minimaliste qui laisse s’exprimer la force des œuvres et les réflexions qu’elles suscitent, sont racontées les étapes de la Shoah, des premières persécutions jusqu’au génocide. Cette mise en scène permet de parcourir l’univers de Marc Ash, et se ponctue par "Mémoire de vigilants", une installation surprenante de Pascale Hamelin qui fait émerger la responsabilité individuelle et collective face au pire. Telles des sentinelles, 35 personnages incarnent des "vigilants", acteurs, lanceurs d’alertes, et rapporteurs de l’état de notre société.