Fondations.org

Bonne nouvelle des privatisations, Fondation iFRAP

22 juin 2018

Le gouvernement a annoncé des cessions de participations dans ENGIE (24% du capital), ADP (50% du capital) et de la Française des jeux (72% du capital). Cela rapporterait 12 milliards à l’Etat. Il s’agit d’une petite partie les participations de l’Etat, puisque les seuls actifs cotés montent à 100 milliards d’euros au total. Trois entités gèrent ces participations : l’APE, la CDC et la BPI.

La Fondation iFRAP, think tank dédié à l’analyse des politiques publiques, apprécie ce projet et lui accorde une note de 8 sur 10. Elle estime que ces cessions sont une très bonne nouvelle, car l’Etat français tire de moins en moins de dividendes de ses participations (les dividendes perçus par l’Etat sont passés ces dernières années de 5,5 à 3,9 milliards d’euros) et parce qu’il n’est pas toujours bon gestionnaire des entreprises qu’il détient.

Par ailleurs, l’Etat tend à investir très en deçà des besoins de développement de ces entités, tout en cherchant à maximiser ses dividendes. Il privilégie la rentabilité de ses placements à court terme par rapport au développement et à la profitabilité des entités à long terme.

Pour ENGIE, une cession d’environ 5 milliards, qui est déjà cotée en Bourse avec une action qui a pas mal chuté ces dernières années (chahutée par le gaz de schiste américain, les décisions de ne pas explorer ces gisements en Europe, et les suites de Fukushima sur le choix de la France en matière de nucléaire) l’ouverture du capital peut être intéressante pour de petits porteurs pour un placement à long terme si la société (issue de la fusion GDF et Suez et aujourd’hui beaucoup développée dans les services) fait un choix de croissance diversifiée vers les énergies alternatives (dans la méthanisation par exemple…).

Pour ADP, une cession d’environ 4 milliards, une entreprise très internationalisée qui gère des aéroports en Turquie ou au Chili. L’action se comporte très bien depuis quelques années, avec une évolution du cours de 60 euros à 192 euros. L’idée du gouvernement est de réaliser une vente qui ne sera pas tout à fait une vente mais plutôt une concession pour 70 ans. L’Etat resterait alors propriétaire des murs et des sols mais le nouvel actionnaire prendrait en charge les travaux de modernisation des aéroports parisiens. Des investissements massifs sont à attendre, avec une valorisation importante à terme, étant donné l’attractivité touristique de Paris.

Pour la Française des jeux, l’équation est très différente et la concession temporaire pourrait aussi être un choix possible (démembrement temporaire d’usufruit), le montant de la vente pourrait approcher le milliard d’euros. Plusieurs scenari peuvent être envisagés : une ouverture aux petits porteurs ou seulement aux investisseurs historiques, voire un peu des deux, en allant vers une introduction en Bourse.











Fondations.org